Sénégal : entre violences et espoirs déçus

Élections et scrutin

À quelques jours du premier tour de la présidentielle Sénégalaise, la tension est présente dans plusieurs villes du pays. L’enjeu est primordial et partagé entre une contestation importante venant principalement des jeunes et de l’opposition à la soif inlassable du pouvoir de l’actuel président.

Alexandra Guellil

Abdoulaye Wade, 85 ans, est au pouvoir depuis 2000. Candidat à sa propre succession, l’officialisation de sa candidature a provoqué une vive colère venant à la fois des jeunes et de l’opposition, notamment avec la formation du mouvement « Y’en a marre ». Alors que le premier tour de la présidentielle est prévu ce dimanche, le président sortant semble, lui, être dans l’impasse : entre une vive contestation et des violences qui chamboulent le pays.

Plusieurs manifestations sont organisées à Dakar, la capitale, et dans d’autres villes. La raison de la colère : un changement de la constitution du pays pour permettre à Abdoulaye Wade de se représenter aux élections et ainsi briguer un mandat supplémentaire.

La candidature de Youssou N’dour, le célèbre chanteur, a été extrêmement médiatisée. À la fin du mois de janvier dernier, le Conseil constitutionnel a rejeté sa candidature, provoquant ainsi la colère de l’opposition, mais aussi de ses partisans. Ce dernier a d’ailleurs annulé un déplacement en France à cause de la situation actuelle que vit le pays.

«Y’en a marre»

Le collectif citoyen de jeunes Sénégalais baptisé « Y’en a marre », crée à la suite d’une coupure d’électricité à Dakar, affirme dans un communiqué de presse qu’il « entend poursuivre son combat pour en finir avec le despotisme rampant et rien ne peut le détourner de ce chemin ». Cet appel à la manifestation intervient alors que plusieurs membres sont arrêtés, tabassés et parfois même torturés.

Selon le même communiqué : « Le mouvement dénonce vigoureusement l’usage de la force contre les citoyens sénégalais. Il est en train de rassembler les éléments de preuves et de constituer un dossier pour poursuivre devant les juridictions nationales et internationales tous ceux qui sont mêlés de près ou de loin à de tels actes ».

Observés par tous

Plusieurs analystes de l’opposition estiment que le président Wade n’a d’autres choix que de quitter le pouvoir. Certains leaders de l’opposition, comme le Mouvement des forces vives du 23 Juin ( M23 ), expliquaient que le président sortant a « épuisé ses deux mandats légaux [et jugent] illégale sa nouvelle candidature. » Ce que contestent les partisans du président qui soulignent que « des réformes de la Constitution lui donnent le droit de se représenter. »

Du côté du Nigéria, l’ex-président, Olusegun Obasanjo, chargé d’une « mission de haut niveau » par la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest a mis l’accent sur l’importance d’une discussion avec l’ensemble des acteurs politiques du Sénégal « en vue de promouvoir le dialogue et garantir des élections libres, transparentes et paisibles. »

À moins d’une semaine de l’élection présidentielle du 26 février, les manifestations ont dérapé : vendredi dernier une mosquée a été la cible de la police à Dakar, mettant le premier ministre et l’actuel président dans l’embarras.

Le Sénégal c’est :

– Une population de 12 643 799 recensés en juillet 2011

– 5 080 294 votants en novembre 2012

– Plusieurs candidats certifiés à la présidentielle dont Abdoulaye Wade pour le parti démocratique sénégalais ( PDS ) et Macky Sall pour l’Alliance pour la République ( APR )

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