Articles de la catégorie : Arts & culture

Beat Sexü aux Francouvertes : Partir en lion

Faire de la musique pop comporte un certain risque, celui de prendre le public pour acquis en lui offrant une bouillie sonore prémâchée à l’« autotune ». Ce n’est pas le cas du collectif disco rock Beat Sexü, formé entre autres d’anciens de la Faculté de musique de l’UL. Rencontre avec le groupe qui a fait bouger le Lion d’Or dans le cadre du premier volet des Francouvertes le 9 février dernier. Autour de cafés et de thés, le batteur et chanteur Jean-Étienne Collin Marcoux et le guitariste Jean-Michel Letendre-Veilleux reviennent sur leur expérience. Un petit arrêt bien mérité pour deux gars dont les moments libres sont plus théoriques que réels. En plus de faire partie d’une dizaine de projets musicaux, ils sont de la famille du Pantoum/Le Phoque, le nouvel incontournable de Québec pour la diffusion et l’enregistrement d’artistes émergents. « Une gig’ comme une autre » ? Comment on se prépare à entrer ...

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Saison Photo au MNBAQ : La quête de l’authentique

La Saison Photo 2015 du Musée national des beaux-arts du Québec présente trois expositions photographiques qui, bien que fort distinctes, parviennent toutes à mettre en scène des corps sensibles et imparfaits raréfiés par les frasques cosmétiques de la société contemporaine. Chacune rejoint à sa manière une authenticité perdue au profit de la modernité. Incarnations. Photographies de la collection du MNBAQ de 1990 à aujourd’hui Les particularités de la chair comme autant de traces d’une existence distincte et riche en bouleversements sont magnifiées par les photographies regroupées dans le cadre de l’exposition Incarnations. «Le point de départ de cette exposition est la représentation du corps dans la photographie de masse, les corps esthétisés et photoshopés. […] Les œuvres ont été choisies, car elles prennent le contre-pied de cette culture de surface », affirme Maude Lévesque, commissaire de l’exposition. Les photographies exposées présentent donc les corps en célébrant d’abord ce qu’ils incarnent, ...

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Keith Kouna au Grand Théâtre : Un sombre voyage

Si l’album Voyage d’hiver de Keith Kouna nous plongeait dans l’œuvre de Schubert avec un goût de sexe et d’alcool, le spectacle décuple ce sentiment. Le spectateur suit l’alcoolisme d’un homme en peine d’amour hivernale, avec ses hauts et ses bas, mais surtout ses bas. Kouna, par contre, est à son sommet. Mathieu Massé C’est à son petit pupitre dans un coin de la scène que l’on retrouve Keith Kouna dès les premières notes, paré pour son voyage d’hiver. Le concert se passe sur une surface faisant office d’appartement où il fera les cent pas, allant du frigidaire à son lit, jusqu’à son pupitre. Les thèmes de l’alcool et du sexe sont exploités et surexploités dans l’univers où Kouna nous emmène. Surtout dans Le Tilleul, chanson ayant le potentiel de faire rougir les nombreuses têtes grises présentes dans la salle, espérant voir une reprise du Winterreise de Schubert. Le sexe, chanson également ...

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Elephant Song : un pétard mouillé ?

Le dernier né du réalisateur Charles Binamé, Elephant Song, mettant en vedette Xavier Dolan, est sorti le 20 février sur les écrans du Québec. Le film place le spectateur dans une ambiance de huis clos où les rapports de force entre les personnages sont des plus inégaux. Mathieu Massé Les années soixante dans une institution psychiatrique. Le docteur Lawrence disparaît mystérieusement après une rencontre avec un patient, Michael (Dolan). Début vingtaine, ce dernier offre des allures de manipulateur-sociopathe. Le directeur de l’hôpital, le docteur Green (Bruce Greenwood), s’installe avec lui pour tenter de lui soutirer l’information : où est le docteur Lawrence ? Dès les premières minutes, on sent que le rapport de force entre Michael et le docteur Green est tout sauf égal. Michael joue avec le psychiatre comme avec une marionnette. Le jeu d’esprit s’épaissit à mesure que les mensonges se dévoilent ou s’envolent. On distingue certaines vérités cachées dans les ...

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Le théâtre universitaire hors des Treize : Levée de rideau

Un texte bien appris, des accessoires vieillots, un décor sentant la peinture fraîche et on se transforme en Harpagon, le célèbre avare de Molière, ou en vaillant Cyrano. Véritable institution culturelle sur le campus, la troupe des Treize n’a toutefois pas la chasse gardée de la dramaturgie étudiante. Projets parascolaires, théâtre pédagogique, comédie musicale : l’offre est tout aussi variée que méconnue. En dehors des salles de classes s’animent quelques troupes parascolaires, dont celle des Corps Étrangers, formée d’étudiants de premier cycle en médecine. Comme « il n’y avait rien de théâtral dans la Faculté », lance Dimitri Laflamme, représentant de la troupe, le projet a été lancé afin de « créer une diversité dans les programmes parascolaires » proposés aux étudiants en médecine il y a environ 5 ans. Comme celle de la Faculté de droit (Côté Cour), la troupe est encadrée par un metteur en scène professionnel, en l’occurrence Charles-Étienne Beaulne. ...

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Capsule historique : Maurice Pollack, un homme d’affaires philanthrope

Qui était Maurice Pollack ? Avant le pavillon de services, il y eut un jeune Russe de 17 ans qui posa ses valises à Québec en 1902. Ne parlant ni français ni anglais, Maurice Pollack réussit tout de même à se faire connaître dans la Capitale en tant que marchand itinérant. En 1906, il ouvre un magasin de vêtements pour homme sur la rue Saint-Joseph. Le petit commerce devient l’une des principales enseignes de la ville en 1950, alors que l’homme d’affaires fait construire un magasin moderne sur le boulevard Charest, de même qu’une rampe de stationnements. Si l’immeuble n’affiche plus le patronyme de son fondateur, la rampe située devant l’ancien Cinéplex Odéon, elle, est toujours visible. Dans les années 1930, Maurice Pollack se retrouve au cœur d’une campagne de boycott. La crise économique voit déferler sur le Québec une vague d’antisémitisme qui n’épargne pas la ville fondée par Samuel ...

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Agenda culturel du 24 février au 2 mars 2015

Ce mercredi 25 février 20h, les Toxiques se mesureront aux Biologiques (LIDUL) dans la salle Le Cercle du Pavillon Alphonse-Desjardins (4e étage). Entrée gratuite. Le lendemain 20h, les Bleus joueront contre les Rouges (LIMUL). Entrée gratuite, bière à 3 $. Le vendredi 27 février 20h, les Carreaux s’opposeront aux Piques (LUI) au Grand Salon. 6 $ pour les étudiants, 7 $ général. Les courts documentaires de deux cinéastes de l’UL seront projetés dans le cadre du Projet 5 courts de l’ONF et de Spirafilm, le jeudi 26 février 2015 17h au Musée de la Civilisation. Le travail de Jeremy Peter Allen et de Martin Bureau sera notamment présenté. Entrée libre. L’ouvrage Révolutions de Nicolas Dickner et de Dominique Fortier sera à l’honneur lors de la seconde rencontre du Cercle de lecture du CRILCQ le jeudi 26 février 2015 à 16h au local 7160 du De Koninck. Les inscrits ont droit ...

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Critique littéraire : Requiem pour un couple épuisant de Jean-François Chassay

Requiem pour un couple épuisant Jean-François Chassay Leméac Baptême pour un requiem distrayant « Rien de lui ne subsistait. Pourtant, malgré tout, il parvenait encore à se sentir parfaitement ridicule. » Voilà comment s’offre au lecteur la dernière phrase de la dernière page de la dernière nouvelle du recueil Requiem pour un couple épuisant. Curieusement, on ne pourrait mieux résumer l’œuvre de Jean-François Chassay. Du mouvement de nos doigts sur les 164 pages aux mots qui défilent rapidement avec violence et de gauche à droite sous nos yeux, le recueil n’est rien d’autre qu’un condensé lyrique et épique d’histoires qui goûtent la couleur noire, le sarcasme et les pulsions humaines. Requiem pour un couple épuisant est d’ailleurs un titre qui donne l’heure juste, et ce, au millième de seconde près, sur l’univers qui fait suite à la page couverture toute blanche et immaculée. Tout est tramé dans une conscience abrupte de ...

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Oh les beaux jours : les mots de Beckett, la voix de Catherine

L’événement avait de quoi attirer l’attention : l’une des figures les plus populaires du cinéma français de passage à Québec dans Oh les beaux jours, pièce iconoclaste de Samuel Beckett, enfant terrible du théâtre. Présentée à guichets fermés à La Bordée du 16 au 18 février, la production a révélé une Catherine Frot au sommet de son art. Il est plutôt rare que les amateurs de théâtre de la Capitale, leurs billets bien en mains, doivent croiser sur leur chemin le regard de retardataires attristés, espérant profiter de quelque place libérée par l’intervention opportune d’une féroce grippe saisonnière. Preuve d’un engouement bien réel, suscité pour l’essentiel par la présence sur scène de Catherine Frot, grande vedette du cinéma français, à qui l’on doit notamment les interprétations de Marlène Sassoeur dans le Dîner de cons et d’Odette Toulemonde dans le film du même nom. Si tous voulaient voir l’actrice, plusieurs ont été ...

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2h14 aux Treize : Théâtre « ramdamesque »

Pour leur première production de l’hiver, les Treize livrent une production honnête et ludique, sans aspérité. On passe un bon moment au Théâtre de Poche, et ce, même si le projet est un peu court, d’un ton qui fleure bon l’école secondaire, sans aller plus loin. C’est peut-être le texte, destiné aux adolescents, qui ne parvient pas à résonner au-delà de son public cible. C’est peut-être aussi le choix délibéré d’une équipe souhaitant mettre l’accent sur l’humour et la détente plutôt que sur le drame, ou la conséquence d’une mise en scène qui s’est voulu trop « adolescente » ou trop nostalgique. Mais le matériel de base demeure : dans 2h14, les mots de David Paquet, sans sonner faux, s’envolent et s’élèvent, trop légers, souvent inconséquents. La pièce souffre d’un problème de ton et de poids : malgré ses étrangetés et ses saillies anticonformistes, le propos reste en surface, alors que l’auteur ...

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