Articles de la catégorie : Arts & culture

Entrevue avec Sonic Avenues : Naître du désordre

Prenez une grosse boîte. À l’intérieur, mettez : la mer, la plage et trois palmiers. Fermez la boîte, puis secouez-la jusqu’à ce que les mots ordre, calme et conformité deviennent aberrations. Ouvrez-la. Tout au fond, vous y trouverez le dernier album du groupe Sonic Avenues : Mistakes. Entrevue avec Jean-Christophe Niquet, batteur de la formation. Noémie Doyon  Le groupe Sonic Avenues a connu un succès fulgurant sur la scène underground mondiale avec leur premier album Television Youth. À grand coup de congés attribués par le patron de son cabinet d’avocat, Jean-Christophe et les trois autres membres du groupe ont conquis la belle Europe et la charmante Côte ouest-américaine, leurs shows attirant parfois 100 personnes et d’autres fois 1000 :  « on a fullé une salle à New York », raconte-t-il. D’ailleurs, Sonic Avenues rock tout aussi bien les planches de la République tchèque que celles du Japon. Assumé comme un groupe de rock-garage, de punk ...

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Critique CD : All things pass Pascale Picard

En 2007, il y a eu Me, Myself and Us, avec ses 300 000 copies vendues et l’énorme succès de Gate 22. Puis, ce fut le tour d’A Letter to No One, injustement ignoré en dépit de ses pièces qui, malgré un son peut-être plus générique et moins personnel, n’en étaient pas moins sensibles et terriblement efficaces. Près de trois ans après ce retour difficile, Pascale Picard nous revient avec un troisième opus franchement réussi.  Le style de la chanteuse n’a guère changé, même s’il s’est affiné avec le passage des ans : Pascale Picard nous propose toujours une musique pop-rock accrocheuse, même si celle-ci se fait plus tendre pour ce nouvel album. L’artiste a opté cette fois pour des ambiances moins lourdes, et assume pleinement le côté plus acoustique de son dernier-né. Le ton est calme, les arrangements sont simples et élégants, quoique non dénués de quelques originalités mélodiques et musicales. ...

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Critique littéraire : Variations endogènes de Karoline Georges

Variations endogènes Karoline Georges Alto Un séduisant musée des horreurs Dans Variations endogènes, le plus récent livre de Karoline Georges, le lecteur est dupé : la victime prend sa revanche sur son tortionnaire, le fou et le psychiatre se confondent, les vivants tiennent la main de la mort et le trépas est plus vif que le dernier souffle de vie. Dans ses quatorze nouvelles, Georges présente d’étranges personnages au comportement insolite. Le lecteur devient spectateur de viols, de suicides, de meurtres, d’actes masochistes, il assiste à toutes les actions qui représentent ce qu’il y a de plus laid chez l’humain. Ce cabinet des perversités comme l’appelle Georges se trouve pourtant à être des plus captivant et par sa violence, rappelle l’Insecte de Claire Castillon. Véritable bestiaire mettant en scène des répugnances dans des fables qui nous ouvrent les portes sur l’animalité de l’homme. Puisque ce laboratoire de l’étrange nous dévoile des ...

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L’Université Laval au Salon international du livre de Québec

C’est samedi, le soleil nous réchauffe enfin, et je vais m’enfermer au Centre des congrès de Québec pour aller bouquiner. Malgré le beau temps, il y a foule. Les lectures publiques, les conférences, les ventes de volumes et les séances de signatures s’enchaînent à un rythme effréné. L’industrie du livre a la patate qui pompe. À travers cette jungle, je remarque assez rapidement la prédominance de deux clientèles cibles : les enfants et les retraités. La plupart des gens qui se situent entre ces deux tranches d’âge sont soit des parents (qui consomment majoritairement, par le fait même, de la littérature jeunesse), soit des auteurs, des éditeurs ou des représentants de distributeurs. Or une espèce attire particulièrement mon attention : le spécimen issu de l’Université Laval. En fidèle scout d’Impact Campus, je décide donc de m’intéresser à l’Auctor Academicus. Et à mon grand bonheur, je le retrouve dans toutes les strates de ...

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Entrevue avec The Babyface Nelsons : de l’énergie à revendre

Dans leur local de jam, Daniel Laroche, Dominic Simard, Gabriel Savard et Julien Rhéaume se sentent comme dans leur seconde maison. Ambiance détendue et jam avant les questions fatidiques. Alice Chiche Le nom de The Babyface Nelsons est un clin d’œil au band Dillinger Escape Plan qui fait référence à John Dillinger, un gangster américain des années 30. Son acolyte du vol se faisait appeler Baby Face Nelsons. Un hommage, donc, au « gros gangster bien dangereux ». Le lien entre un cleptomane américain et le band? Difficile à dire, mais cela suscite pas mal de curiosité… et fonctionne. Pour ce qui est de l’anniversaire de naissance du band, les membres du groupe ne s’entendent pas. Ils s’obstinent pour finalement s’entendre sur un « trois années officiel » d’existence. Pourtant, les quatre gars se connaissent depuis bien longtemps. C’est Gabriel, au drum, qui a rejoint les rangs en dernier pour « concrétiser » le groupe. Daniel et ...

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Émile Proulx-Cloutier au Grand Théâtre : le feu sacré

C’est devant une salle Octave-Crémazie pleine d’une foule bigarrée, où se côtoyaient des mélomanes de tous les âges, qu’Émile Proulx-Cloutier s’est produit le 8 avril dernier. Intense, énergique et électrisant, l’auteur-compositeur-interprète a livré un spectacle dont on se souviendra longtemps. L’homme a du talent, et en quantité : on le savait déjà acteur d’exception, magnétique sur les planches comme à l’écran. Depuis  2011, on le découvre aussi chanteur, auteur et musicien. Son premier album, Aimer les monstres, a été lancé cet automne, et l’artiste, réutilisant le canevas finement poli de ses Chansons cachées, l’offre désormais en formule spectacle partout au Québec. Et quel spectacle! L’album était déjà percutant ; le concert est tout simplement héroïque. Les textes irrésistibles et puissamment évocateurs du chanteur prennent tout leur sens lorsqu’il les livre sur scène. Vif, nerveux et survolté, Émile Proulx-Cloutier est doué d’une parole rare, forgée d’amour et de révolte, profondément vivante et vibrante. ...

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Critique CD : La licorne captive de Daniel Lavoie

C’est à un voyage onirique et immersif que Daniel Lavoie nous convie avec son plus récent album, La licorne captive. Pour cette nouvelle offrande, l’artiste prête sa voix à un projet musical profondément original, initié par le compositeur, parolier et multi-instrumentiste Laurent Guardo. Le projet, à bien des égards, est unique : avec La licorne captive, Laurent Guardo souhaitait mettre en musique mythes et légendes, afin d’offrir un nouvel écrin à certaines histoires immortelles, bien souvent déjà gravées dans nos esprits. Patiemment, pendant une dizaine d’années d’écriture, l’auteur a revisité différents récits mythologiques, issus tant de la Grèce antique que du Québec de la Chasse-Galerie. Il a poli ses textes. Puis il les a habillés de musique ancienne. Ainsi enrobés et accompagnés, contes et poèmes se transforment, et prennent une tout autre dimension. Car le voyage auquel nous confie Laurent Guardo, c’est avant tout cela : un périple dans un autre univers, ...

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Entrevue avec Maude Bégin-Robitaille : De la scène au papier

On la connaissait déjà pour ses nombreuses participations aux pièces présentées par la troupe de théâtre Les Treize de l’Université Laval, et voilà que Maude-Bégin Robitaille nous revient avec deux briques à la Game of Thrones, « mais avec moins de personnages, aucune magie et pas de dragon! » Son entourage vous le confirmera : Maude, qui possède une maîtrise en droit à l’Université Laval, fait tout en même temps, et ce depuis toujours. Jusque-là, rien d’anormal. Ce qui est énervant, c’est qu’elle réussit tout en même temps, depuis toujours. On pourrait facilement la détester pour ça, mais, si on a lu ses scènes brutales et sanguinaires, on préfère ne pas se la mettre à dos. « Pour des livres de plus de 500 pages, ils ont été écrits assez vite. Le Tome I, La Folie du roi, a été écrit environ en 8 mois (quand je pars, je pars!), mais je ...

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Entrevue avec Jacques Doucet : Radio Radio : 10-4

Ils s’inspirent de la télé télé et sont reconnus pour leur look cliché-hot. Cette fois-ci, ils ont pris le Belmundo Régal, ont accosté dans un havre de grâce et on fini par y feeler zoo. De tout ça est né leur quatrième album: entrevue avec Jacques Doucet de la Radio Radio. Noémie Doyon Si poser l’ancre sur un Havre de Grâce leur a fait perdre quelques matelots, les deux (et non trois) garçons, Jacques Doucet et Gabriel L. B. Malenfant, sont revenus en force et bien équipés avec leur dernier LP, Ej feel zoo. Il s’agit d’un opus rétablissant les grandes vibrations que soutenait Cliché Hot à l’époque et qui penche pour une ambiance plus intense, plus live, plus animale. Dans le zoo de Radio Radio, c’est la chaleur et l’humidité d’un dancefloor bondé avec une centaine de cages grandes ouvertes. Radio Radio, pour faire la maquette et commencer à écrire ...

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Critique CD : Ornithologie, la nuit de Philippe B

Ornithologie, la nuit Philippe B Bonsound Suite à l’opus Variations fantômes tant acclamé en 2011, Philippe B nous offre ce printemps un quatrième long projet, une lente symphonie de cordes claires et graves, entre lesquelles sa voix domine. Supportée à maintes occasions par des cuivres, la mélodie du compositeur reste fidèle à sa nature. D’autant plus qu’elle ne surprend en rien. Philippe B et la rime forcée – une poésie magnifique à la première ligne, qui déçoit à la seconde par son obligation de rimer. Bien qu’on l’entende moins sur ce nouvel album, Ornitologie, la nuit, l’appréhension se justifie dans des vers tels que « Les abeilles tournent autour de tes cheveux de réglisses/le soleil de mai fait fondre mes disques d’Elvis », entendus dans L’année du serpent. Encore là, cette candeur dans les mots rappelle la comptine. Surtout que ceux-ci s’enchaînent avec lenteur, le plus souvent au-dessus d’une guitare ou d’un ...

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