Qui négociera avec le gouvernement ?

Frais de scolarité

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) refuse de ratifier la clause de solidarité prévue pour le rassemblement national étudiant (RNÉ) votée en mai dernier. Cette clause était incluse pour éviter qu’une association étudiante négocie en vase clos avec le gouvernement de Jean Charest.

David Rémillard 

La clause, écrite dans le cahier de préparation du RNÉ depuis mai dernier, stipule « que chacune des associations nationales refuse de négocier avec le gouvernement si celui-ci exclut l’une d’entre elles ». Pour qu’elle soit appliquée, il est précisé que chaque association doit adopter la clause. La FEUQ est la seule des quatre associations nationales à ne pas avoir ratifié cette entente.

Du côté de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), le refus de la FEUQ de se lier à l’entente dérange. « Je ne cacherai pas qu’on est très déçu que la FEUQ ait refusé d’entériner cette clause-là », a lancé Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de l’ASSÉ. « Dans les apparences, on pourrait conclure que ça traduit une volonté de négocier sans les autres », a-t-il confié, précisant que la porte était toujours ouverte à la FEUQ pour ratifier l’entente.

Rejointe par Impact Campus, Martine Desjardins, présidente de la FEUQ, se défend, estimant que l’heure n’est pas à la négociation. « Quand on arrivera à la rivière, on traversera », a-t-elle imagé. Elle n’a aucunement l’intention de s’asseoir avec Line Beauchamp pour le moment. « Il est très facile pour le gouvernement du Québec de reculer sur la hausse des droits de scolarité », croit-elle, ajoutant que le gouvernement n’a pas pris la peine de répondre aux arguments des étudiants contre l’augmentation de 1625$ des droits de scolarité. « Qui ne dit mot consent ».

Léo Bureau-Blouin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, croit pour sa part que le mouvement étudiant est plus solidaire que jamais. Bien que ses membres aient voté pour ratifier la clause de solidarité, il estime qu’il est trop tôt pour parler de négociations. « On n’est pas en mode négociation, on est en mode augmentation de la pression », a-t-il lancé. M. Bureau-Blouin espère revoir une mobilisation aussi importante que le 10 novembre dernier, où près de 30 000 étudiants s’étaient rassemblés à Montréal. « On espère pouvoir répéter l’exercice cet hiver », a-t-il conclu.

Éléments de contexte : Un passé houleux

Le 21 février 2005, une grève générale illimitée est déclenchée. Les étudiants veulent alors empêcher le gouvernement provincial de couper 103 millions de dollars dans le régime de prêts et bourses. Après six semaines de grève, la FECQ et la FEUQ s’entendent avec le gouvernement Charest.

L’entente de principe est cependant refusée par la Coalition large de l’ASSÉ, avec qui le gouvernement ne négociait plus depuis l’occupation des bureaux du ministère de l’Éducation plus tôt en mars. L’ASSÉ accuse alors la FECQ et la FEUQ d’avoir négocié en vase clos. Le mouvement étudiant se divise. Conséquence : 110 000 étudiants votent pour l’entente de principe, 75 000 votent contre.

Crédit photo : Archives Impact Campus -Paul-Émile Auger

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